LE MUR DE L'ATLANTIQUE EN FRANCE
 
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 PLUTO

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MLQ

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MessageSujet: PLUTO   Sam 5 Mai 2007 - 19:09

Bonjour
Ci-dessous deux extraits d’un livre au sujet de Pluto.
Extrait page 15 du livre : Quand l’or noir coulait à flots de Philippe Bauduin, Heimdal 2004
Les stations de pompage de Nacqueville : Wat¬son et Sandown Bay, route Bambi, sont raccordées le 8 septembre 1944. La mise en service peut alors com¬mencer. Le pipeline est posé, rempli d'eau pour résis¬ter à la pression de la mer et chaque section est iso¬lée par des disques de rupture que le pétrole, envoyé sous une pression de 2.8 bars, doit rompre ; la pression de travail devant être de 5.25 bars. Le premier HAIS, câble de 3 Inches de diamètre (76.2 mm), débite 212 m3/jour.
Parallèlement, le HMS Conundrum I doit quitter Sou¬thampton pour Cherbourg le 25 août et faire ensui¬te la traversée en sens inverse pour déposer son pipeline d'acier. Hélas, on s'aperçoit alors que le tam¬bour, chargé de son HAMEL, resté près de six mois dans le port britannique, est couvert de coquillages, le rendant inutilisable.
Ce n'est que le 29 septembre que HMS Conun¬drum Il, tiré par trois remorqueurs, peut filer le premier HAMEL pipeline.
La ligne Bambi : Ile de Wight/Cherbourg qui doit se composer de 4 pipelines n'en dispose réellement que de 2. Elle est fermée le 4 octobre et ne servira que 12 jours ! Avec un total de 3500 tonnes, on est loin des prévisions de capacité attendues sur la « Bambi Route » et l'on pressent les conséquences. Heureusement, les ports : Cherbourg-Querqueville, Saint-Vaast, Carentan, Isigny, Grandcamp, Port-en¬-Bessin, Arromanches, Courseulles, Ouistreham, les plages et Tombolas apportent une part des tonnages manquants.
Dans le même livre le témoignage d’André Digo :
Le 18 juin 1949, venant de Dakar via Saint-Mandrier, deux Sun¬derland, les 7.F-1 et 7.F-12, amerrissent à Lanvéoc-Poulmic. Après une série d'exercices avec l'escadre, le commandant nous donne quartier libre pour le week-end. Il remet à chacun de nous un titre de permission afin de bénéficier du tarif mili¬taire, nous laissant le soin d'y inscrire notre destination.
« Où allez-vous ? me demande-t-il.
- J'ai choisi de rejoindre ma fiancée à Cherbourg ».
Il tente de m'en dissuader car le transit par Paris est fort long; je n'en démords pas. Amour quand tu nous tiens !
Après quelques minutes de réflexion, il me propose un truc inouï : « Lundi, je compte faire une reconnaissance de plans d'eau du Havre à Cherbourg. A partir de 10 heures, tenez-vous prêt sur l'ancienne base hydro de Querqueville car après amerrissage, je vous ferai cueillir par l'embarcation pneumatique du bord. » J'avais envie de lui sauter au cou. Dès le vendredi matin, j'emprunte le petit tortillard qui relie Lanvéoc à Quimper, et s'arrête en rase campagne pour embarquer de braves bigou¬dens en costume chargés de victuailles. A Quimper, je rattrape l'express vers Paris. De changements de gares en longues et hypothétiques attentes, j'atteins finalement Cherbourg au petit matin. Je passe pudiquement sur le séjour dans cette bonne ville.
Le lundi 29 juin, un autobus me dépose à proximité de Quer¬queville. J'ai devant moi une vaste prairie cernée de mauvais fils de fer barbelés, avec au fond deux hangars et quelques constructions en piteux état. Près de la grève, se dresse une guérite et un semblant de barrière qu'un gendarme semble gar¬der.
Me voyant arriver, vêtu de mon blouson de cuir et portant mon sac de vol, il m'interroge :
« Que venez-vous faire là ? Il est interdit de pénétrer sur ce ter¬rain militaire.
- J'attends un hydravion ! »
Incrédule, il me toise longuement de la tête aux pieds. Le ron¬ronnement d'un Sunderland qui survole la rade à basse altitu¬de met fin à sa perplexité.
Une fois amerri, l'hydravion s'immobilise à une centaine de mètres du rivage, ses moteurs tournant au ralenti. L'embarca¬tion pousse du bord avec un membre de l'équipage qui pro¬gresse à l'aviron et vient me récupérer quasiment à pied sec. C'est réglé comme une opération de commando et n'a duré qu'une dizaine de minutes sous les yeux éberlués du pandore. Par air et en ligne droite, il nous faut une petite heure pour rejoindre Le Poulmic. Privilège accordé aux hommes volants !
Restait à éclaircir la présence d'un gendarme sur ce terrain désaffecté et retourné en friche depuis plusieurs années.
J'avais remarqué entre la guérite et l'ancien slip pour hydra¬vions, un gros tuyau d'acier qui émergeait de la berge vaseuse comme un anaconda dont la tête dressée verticalement portait une vanne à volant. Et bien c'est incroyable !
Plus de quatre ans après la fin de la guerre, cette bouche qui était l'aboutissement d'un oléoduc transmanche posé par l'armée américaine, continuait à débiter de l'essence et de bonne qua¬lité avec un indice d'octane de 104.
Après la défection du Mulberry A (Omaha Beach) vaincu par la tempête, il avait servi à approvisionner jour et nuit une noria incessante de camions-citernes et de GMC chargés de jerry-cans pleins du précieux carburant nécessaire aux forces d'inva¬sion de Normandie et de Bretagne. Un exploit ! Puis les ports enfin libérés avaient pu assurer le relais. Mais les réservoirs, situés sur les falaises anglaises, une fois vidés. C'était le conte¬nu des cent vingt kilomètres d'un conduit sous-marin de cinq inches, soit plus d'un million de litres qui continuait à se déver¬ser ; un véritable pactole et qui plus est, gratis !
Le gendarme, devenu pompiste, surveillait les pleins pour la Marine, propriétaire des lieux et des richesses inattendues du sous-sol (sorte d'affectataire principal) mais aussi pour l'Armée de terre, les administrations et sans doute pour quelques pékins mis dans la confidence.
J'ignorerai toujours quand la « source s’est enfin tarie, cra¬chotant ses derniers litres dans un vacarne de borborygmes amplifié par ce long tuyau d'orgue, sous le regard inquiet du gendarme.
Nacqueville et Querqueville sont mitoyens, connaissez vous la localisation exacte de ces lieux : la station de pompage, le raccordement de Pluto, etc..
MLQ
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MessageSujet: Re: PLUTO   Lun 7 Mai 2007 - 11:51

Le lieu exact le voici sur cette photo, nous sommes sur la digue de Querqueville, dans le fond on aperçoit le fort le l'Ouest et à droit derrière le pétrolier le fort de Chavagnac. Ont peut voir les tuyaux du pipe line sur le quai.


Vue aérienne, au fond le fort de Querqueville, la digue, le fort de Chavagnac et un pétrolier sur le terminal.

Salutations
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MessageSujet: Re: PLUTO   Lun 7 Mai 2007 - 11:57

Bonjour
Je connais bien ces photos et d'autres:
http://www.flickr.com/search/?w=58897785%40N00&q=querqueville&m=text
mais ma question concerne Pluto, son arrivée en France et son raccordement, pour être plus précis à quel endroit de la digue de Querqueville si c'est à Querqueville.
Merci d'avance
MLQ
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